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KOLDA /LUTTE CONTRE LA MAL GOUVERNANCE LOCALE
Acteurs locaux et médias à l’école
Par Cheikh Omar seydi , Moussa Dramé | SUD QUOTIDIEN , lundi 14 juillet 2008 | 221 Lectures
A l’initiative de l’institut Panos/Afrique de l’Ouest, les acteurs locaux et les médias de la région de Kolda ont bénéficié d’une session de formation du mercredi 9 au vendredi 11 juillet dernier. L’objectif est de les outiller à la lecture critique du budget et du contrôle citoyen de l’action publique aux fins de combattre la mal gouvernance bien perceptible dans nombre de collectivités locale de la région.
Très peu d’habitants de la région de Kolda savent leurs prérogatives de contrôle citoyen de l’action publique au niveau de leur collectivité respective.
Cela résulte principalement de l’analphabétisme et de l’indisponibilité des rudiments comme les textes qui l’autorisent, susceptibles de leur permettre d’exercer convenablement ce contrôle. Conséquence, il se passe des cas de détournement de biens sociaux, de mauvaise exécution de chantiers s’il ne le sont que sur du papier seulement : cela s’appelle la communauté au service d’une infime minorité.
Combien de partenariats de coopération décentralisée Nord/sud sont résiliés du fait de manœuvres très peu orthodoxes mais hélas royalement ignorés par les véritables bénéficiaires que sont les populations pourtant assujetties à la taxe fiscale.
Et aux yeux de certains acteurs de la société civile, ce triste état de fait participe de l’appauvrissement des collectivités.
Des organisations non étatiques comme l’institut Panos/Afrique de l’Ouest soutiennent que la solution réside dans la mise en œuvre d’une politique de bonne gouvernance locale fondée sur les principes de transparence, de rationalité, d’équité, de participation et de crédibilité financière ; bref, l’urgence est de forger un citoyen de type nouveau soucieux des enjeux réels d’une démocratie participative à l’échelle communautaire.
Acteurs locaux et médias à l’école de la lecture critique du budget
C’est parce que les citoyens et les organisations de la société civile éprouvent d’énormes difficultés si ce n’est pas par l’ignorance à exercer leurs droits et devoir de contrôle citoyen du bien commun que l’institut Panos/Afrique de l’Ouest a organisé la semaine dernière une session de formation sur la lecture critique du budget et le contrôle citoyen de l’action publique dans la capitale du Fuladu.
Selon Libasse Hanne le chargé de projet bonne gouvernance locale « cet atelier fait suite à une initiative que nous avons enclenchée l’année dernière avec l’Agence Catalan de coopération au développement pour susciter la réflexion autour des questions d’accès à l’information et à la communication pour renforcer la bonne gouvernance locale. Nous avons institué cette réflexion au niveau des zones Sud et nord et il est ressorti une préoccupation forte émise par les acteurs de la région de Kolda pour ce qui est du suivi budgétaire participatif. Nous avons ciblé la région de Kolda pour regrouper les acteurs locaux c’est-à-dire les organisations de la société civile et des médias pour créer entre elles une synergie afin de réaliser le suivi du budget à l’échelle régionale ».
Dans ce même registre, les participants n’ont pas manqué d’évoquer les cas de mal gouvernance locale relevés dans certaines collectivités locales de la région telles que Coumbacara, Bounkiling, Saré Bidji entre autres.
C’est pourquoi les initiateurs entendent élargir l’éventail des bénéficiaires aux élus locaux de la région pour les amener à mieux gérer la chose publique, condition sine qua non à la mise en œuvre effective des politiques de développement.
D’éventuelles réticences au droit du contrôle citoyen
Si la volonté affichée de l’institut Panos d’éclairer les consciences collectives sur leurs droits et devoirs du contrôle citoyen de l’action publique n’est plus à démontrer, nombreux sont les observateurs qui sont sceptiques quant à l’aboutissement d’un tel idéal. Selon se justifie selon eux par les multiples enjeux qui entourent la gestion des collectivités locales.
Des enjeux qui ont pour noms salaires, les fonds de concours et de dotation, la logistique, exécution des budgets et surtout le domaine foncier qui fait l’objet de beaucoup de malversations (une même parcelle vendue à plusieurs individus).
Et pourtant, chaque citoyen a un droit de regard sur le mouvement des finances de sa collectivité. N’est ce pas ce qui justifie la disparition de la notion d’impôt au profit de celle de taxe.
Donc, toute vélleïté de résistance à cette disposition légale serait une entrave au code des collectivités locales.
« Cela a toujours été un obstacle majeur à la bonne gouvernance. Et c’est une des justifications de la mise en œuvre du projet. L’heure n’est pas à la démission mais à la mobilisation contre ces pratiques nébuleuses » a laissé entendre Libasse Hanne.
A signaler qu’un plan de suivi budgétaire a été concocté par les participants en vue des sessions de formation à venir.
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